Le Maroc, 12ème exportateur mondial des plantes médicinales

Rosmarinus_officinalis______03_02_2002_1Il ne suffit pas d’avoir les ressources nécessaires pour tenir son rang de leader africain du secteur des plantes aromatiques et médicinales. Il faut aussi se donner les moyens de l’exploiter pleinement dans le respect environnemental que cela induit. Le royaume chérifien l’a bien compris et a pour cela passé une convention avec l’ONU en 2012 afin de valoriser la filière (voir nos articles précédents de juin 2012 et janvier 2013). Du coup, juste en structurant sa filière plantes aromatiques et médicinales, première étape du programme, le Maroc s’est hissé en quelques mois au 12ème rang mondial des exportateurs de plantes médicinales.

Le secteur compte désormais près de 40 exportateurs grâce notamment aux 800 espèces reconnues pour leur usage médicinal ou aromatique et à leur potentiel de développement, notamment pour l’exportation. Romarin, armoise, cèdre de l’Atlas, myrte, thym doux, laurier-sauce, origan, camomille sauvage ou encore menthe, la liste est longue de ces plantes couramment utilisées dans le pays.

Capture d’écran 2013-03-11 à 15.55.27La production annuelle des plantes aromatiques et médicinales au Maroc avoisine les 33 000 tonnes, ce qui le place encore loin des leaders mondiaux que sont l’Inde, la Chine ou encore la France.

Au niveau international, la filière des plantes aromatiques et médicinales a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 45 millions d’euros en 2012 grâce à l’augmentation de la demande sur les produits à base de plantes, de composantes cosmétiques ou thérapeutiques et de compléments alimentaires.

Des investissements et une certification international

Selon Abdessalam El Khanchoufi, directeur de l’Institut national des plantes médicinales et aromatiques (INPMA) de Taounate, la filière des plantes aromatiques et médicinales joue un rôle important dans l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, en générant en moyenne 500 000 journées de travail/an.

Suite au programme mis en œuvre ces dernières années, le nombre d’exportateurs ne cesse de croître, mais reste encore relativement faible compte tenu du potentiel du marché.

Comme le secteur continue de se développer, les organismes gouvernementaux responsables de la protection des forêts et parcours nationaux sont confrontés à un défi de taille, à savoir comment conserver la biodiversité, les ressources naturelles du Maroc tout en créant un environnement dans lequel les populations rurales peuvent participer aux activités  de la cueillette spontanée en milieu naturel afin d’améliorer leurs moyens de subsistance, tout en augmentant la valeur ajoutée de l’exploitation des plantes aromatiques et médicinales à l’échelle nationale.
Une démarche qui sera basée sur l’introduction de la certification internationale FairWild (voir ci-dessous) qui garantit l’accès  à des marchés à forte valeur ajoutée, la conservation de la biodiversité et la durabilité de la production tout en assurant le retour d’une partie des bénéfices vers les populations locales, c’est-à-dire un commerce équitable.

Pour valoriser cette ressource naturelle prometteuse et contribuer à son intégration dans le tissu économique national, l’INPMA de Taounate a été créé avec le statut d’établissement universitaire, pour jouer un rôle précurseur dans la valorisation de cette filière pour réussir son intégration à l’économie et augmenter sa contribution à la richesse nationale.  Il assure l’accompagnement des agriculteurs et des coopératives pour la promotion, la conservation, la valorisation, l’utilisation et l’intégration des produits naturels à travers la création de pépinières et de zones pilotes expérimentales, dans le cadre de PME/PMI et d’exploitations moyennes.

Son rôle devra prendre une nouvelle dimension après sa transformation en Agence nationale pour la valorisation des plantes aromatiques et médicinales. Grâce à ses sept laboratoires et à son jardin d’essai de 6,5 hectares où les plantes sauvages sont domestiquées pour devenir conformes aux standards internationaux, l’institut a pu déposer de très nombreux brevets.

Le projet est mis en œuvre par le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la Désertification (HCEFLCD), les programmes des Nations unies pour le développement (PNUD) étant chargés de l’assurance qualité et du suivi évaluation.

Source : quotidiens marocains

Capture d’écran 2013-03-11 à 15.59.48Assurer la qualité des plantes aromatiques et médicinales grâce au référentiel FairWild

Une table ronde sur les Plantes aromatiques et médicinales au Maroc s’est tenue le 31 janvier dernier à Rabat. Au programme, le positionnement des plantes aromatiques et médicinales vis-à-vis des normes standard comme la certification FairWild, dont la fondation travaille à la promotion d’un usage durable des plantes récoltées à l’état sauvage, et vis-à-vis de la mondialisation. Dans ce but, un mémorandum d’accord entre FairWild et le Haut-Commissariat des eaux et forêts et la lutte contre la désertification  (HCEFLD) a été signé fin janvier, en présence des différents partenaires du projet, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Maroc et ProFund. « Depuis son existence, l’ONU est pleinement engagée dans les normes de standard dans divers domaines avec un accompagnement des pays pour la mise en œuvre de ces normes de qualité », a précisé Ayshanie M. Labe, représentante du PNUD.

Capture d’écran 2013-03-11 à 16.25.08La Fondation FairWild a vu le jour en 2008 et œuvre pour la promotion d’un usage durable des plantes récoltées à l’état sauvage. Sa mission principale est de fournir un cadre international pour la mise en place d’un commerce équitable grâce à son référentiel. Un instrument universel dont le Maroc pourra désormais disposer pour jauger la qualité de ses plantes aromatiques et médicinales. Ce référentiel FairWild procurera divers avantages au projet plantes aromatiques et médicinales. Il s’agit de l’accès à des marchés à forte valeur ajoutée, la conservation de la production en assurant le retour d’une partie des bénéfices vers les populations locales. La durabilité reste cruciale car selon Bert-Jan Ottens, consultant manager à ProFund : « Les consommateurs exigent de plus en plus de la durabilité environnementale et sociale, spécialement pour les cosmétiques ».  Selon Ayshanie Labe, « le gouvernement, la société civile et les médias ont un rôle à jouer dans la préservation de ces plantes aromatiques et médicinales, une richesse du Royaume. Le défi est de gérer les intérêts des uns et des autres. Beaucoup d’acteurs sont impliqués et il est impératif de leur apprendre comment maîtriser la valeur de ces plantes et en assurer ainsi, la durabilité.

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