Que du bon dans les algues

Les algues marines sont considérées comme de véritables légumes et de plus en plus de restaurants les proposent à leur clientèle

15 millions de tonnes d’algues marines sont récoltées chaque année dans le monde, dont les trois quarts pour la consommation alimentaire, la France en produisant déjà 800 à 1 000 tonnes.

Côté cuisine, elles sont consommées séchées, pour fabriquer le nori des makis, le wakamé et le kombu des soupes misos,  ou fraîches. L’agar-agar, extrait d’algues rouges, sert de gélifiant aux fabricants de bonbons, de charcuteries ou de pâtisseries. Il peut aussi servir de coupe-faim. Certes, c’est moins gastronomique que les sushis.

Ingrédient traditionnel de la cuisine japonaise, les algues produisent tant de bienfaits que le Centre d’Etude et de Valorisation des Algues  travaille à l’amélioration de leur image et que l’Association Française des Diététiciens Nutritionnistes en a fait l’un des thèmes principaux de ses 50es journées qui se sont tenues à Saint-Malo au début de l’été.

Des antioxydants anticancers

C’est surtout leurs vertus nutritives et leurs bienfaits sur notre santé qui nous intéressent ici. Les algues alimentaires sont composées de 70 % à 90 % d’eau, proportion qui, bien qu’elles soient issues d’un milieu aquatique, est inférieure à celle des légumes terrestres d’où l’intérêt que leur portent les végétariens. Ne contenant ni graisses ni calories, leur apport calorique est très faible. En revanche, elles sont riches en sels minéraux, oligoéléments, fibres (presque 90 % dans les algues brunes) et en protéines (spiruline), parfois plus que les œufs. Même chose pour le calcium, et certaines espèces en proposent même plus que le lait avec des taux de vitamines élevés. D’où leur recommandation en tant qu’alternative aux produits laitiers pour les personnes en excès de cholestérol.

Des études ont déjà montré que leur consommation régulière coïncidait avec une incidence inférieure des cancers du sein, de la prostate et du côlon. Les cancers dépendant des œstrogènes sont d’ailleurs moins fréquents en Asie qu’en Occident et la teneur en iode des algues alimentaires, plus élevée que dans les produits de la mer (poissons et crustacés) est un véritable bienfait pour les femmes enceintes. Les algues marines recèlent également des antioxydants. Lesquels, selon le docteur David Servan-Schreiber, seraient très efficaces pour lutter contre le développement des cellules cancéreuses et, selon d’autres études, utiles dans la prévention ou le traitement des maladies dégénératives. C’est d’ailleurs David Servan-Schreiber (décédé en juillet dernier) qui le premier avait popularisé les qualités nutritionnelles des algues crues ou cuites à travers ses recettes anticancer. Dans son dernier ouvrage, Anticancer édité chez Laffont, David Servan-Schreiber rend hommage au professeur Richard Béliveau et à son collaborateur Denis Gringas, dont le travail lui a permis de présenter les clés d’une alimentation saine et préventive. Selon une étude de l’Inserm l’apport d’antioxydants à des doses comparables à celles d’une alimentation saine (riche en fruits en légumes) fait baisser de plus de 30 % le risque de cancer et la mortalité des hommes. Les antioxydants bloquent les radicaux libres qui oxydent les cellules et qui risquent d’accélérer le vieillissement et le développement des cellules cancéreuses.

Les antioxydants présents dans les algues

Un grand nombre d’antioxydants sont présents dans les algues. Certains comme la fucoxanthine et la phycoerythrine n’existent nulle part ailleurs. D’autres sont communs aux algues et aux fruits et légumes.

Dans les fruits et légumes terrestres :

les caroténoïdes : La lutéine et la zéaxanthine, principalement retrouvées dans les algues vertes et rouges, et le beta-carotène (aussi appelée provitamine A) dans les algues brunes et vertes ;

les polyphénols : les florétols, fucols, polyphénols sulfatés, et tanins protègent les algues des éventuels métaux lourds présents dans l’eau de mer ; ils ont un rôle antibactérien et antifongique ;

les vitamines C et E.

La fucoxanthine, qui n’existe que dans les algues brunes (wakamé, haricot de mer et kombu) est un antioxydant particulièrement intéressant si l’on en croit David Servan Schreiber, pour qui elle serait « plus efficace que le lycopène pour empêcher la croissance des cellules cancéreuses de la prostate ».
Autre antioxydant présent dans les algues : la phycoerythrine, présente dans les algues rouges (nori et dulse) ; la phycoerythrine pourrait selon plusieurs études « être mises à profit dans la prévention ou le traitement de maladies dégénératives : certaines formes de cancer, maladies cardio-vasculaire ou ophtalmiques ».

Sources : Céva, Guide des algues alimentaires et Anticancer de David Servan Schreiber

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