Du ginseng pour lutter contre la fatigue liée au cancer

Les vertus des médecines alternatives pour mieux supporter les traitements anticancéreux et lutter contre leurs effets secondaires avaient déjà été mises en valeur dans différentes études. Cette fois, ce sont les effets bénéfiques du ginseng qui ont été démontrés. Une approche scientifique qui valide les effets de ces thérapies douces.

Utilisé depuis des millénaires dans la médecine traditionnelle chinoise pour ces vertus énergisantes ou aphrodisiaques, le ginseng panax quinquefolius, aussi appelé ginseng américain, permet de réduire la fatigue chez les personnes subissant un traitement anticancéreux. C’est du moins ce que démontre une étude menée par la Mayo Clinic aux Etats-Unis et présentée au très sérieux 48e Congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), la grand-messe mondiale de la lutte anti cancer, au début du mois de juin. Dirigée par Debra Barton, professeur d’oncologie à l’Université de l’Illinois, l’étude a porté sur 340 patients en phase de traitement ou post-traitement d’un cancer, dont 60 % atteints d’un cancer du sein.Une partie d’entre eux ont ingéré pendant deux mois une dose quotidienne de 2 grammes de ginseng pur en capsules, les autres consommant un placebo (la méthode d’évaluation validée pour l’autorisation d’un médicament par les agences européennes et américaines de santé et de sécurité sanitaire). Les résultats de l’étude ont montré que les sujets ayant pris cette dose élevée durant huit semaines sous forme de complément alimentaire ont ressenti une baisse sensible de leur sensation de fatigue sans éprouver d’effet secondaire. La plante semble toutefois mettre un certain temps à agir : au bout de quatre semaines, il n’y avait ainsi pas d’effet notable, mais les niveaux d’énergie générale augmentaient brusquement après deux mois chez le groupe prenant le ginseng. Sur une échelle de 1 à 100, les sujets ayant consommé du ginseng rapportaient une réduction de leur sensation de fatigue de l’ordre de 20 points par rapport au groupe de contrôle. La fatigue est l’un des symptômes dont se plaignent le plus les malades atteints de cancer. Elle est causée par l’augmentation des cytokines pro-inflammatoires dans le système immunitaire. L’un des principaux ingrédients actifs du ginseng, les ginsénosides, inhibe la formation de cytokines et régule l’hormone du stress.

Les médecines alternatives plus en plus utilisées

L’intérêt de cette étude est qu’elle démontre scientifiquement l’intérêt et l’efficacité d’une médecine douce dans le traitement du cancer. Sans remplacer les thérapies conventionnelles que ce sont la chimiothérapie, la chirurgie ou la radiothérapie, un nombre croissant de praticiens et de patients utilisent ces alternatives (phytothérapie, acupuncture, régimes alimentaires…) pour accompagner les traitements classiques sans, pour autant, avoir une preuve scientifique de leur efficacité. Voila qui est donc fait pour le ginseng et ses effets sur la fatigue inhérente à un traitement lourd.

Des études menées en France dans les années 2000 avaient déjà mis en évidence les effets positifs de ces médecines alternatives dans les traitements anticancéreux, notamment pour lutter contre les effets secondaires : la fatigue donc, mais aussi la chute des cheveux, les zonas, les brûlures, les nausées et vomissements…

Le cancer étant devenu une maladie chronique avec laquelle il faut vivre parfois de longues années, les thérapeutes cherchent à améliorer le quotidien de leurs patients. Ces méthodes sont d’ailleurs également de plus en plus employées par les porteurs du virus du sida. Et la plupart des patients y ayant recours voient leur état général de santé s’améliorer. Les effets physiologiques ne sont pas les seuls recherchés et de nombreuses raisons « psychologiques » (qui peuvent être plus en moins rationnelles) poussent les patients à pratiquer ces alternatives : limiter les risques de rechute, renforcer les défenses immunitaires, suppléer le traitement de base, tout cela pour tenter d’augmenter les chances de guérison, voire de survie. Sans parler de la sensation de toxicité que donnent les traitements classiques, notamment à cause de leurs effets secondaires, à certaines personnes déjà enclines à consommer plus « bio » ou « nature ». Ces pratiques sont d’ailleurs dorénavant reconnues par les institutions de santé. La Sécurité sociale rembourse des traitements à base d’acupuncture ou d’homéopathie. Des hôpitaux mettent en œuvre des programmes à base de médecine traditionnelle chinoise (tai-chi, shiatsu…) pour accompagner les patients subissant des thérapies aux effets secondaires lourds. Les exemples sont nombreux et poussent à une intégration de plus en plus forte des médecines traditionnelles et alternatives (comme le démontre la tenue récente du congrès de Bologne qui a réuni des scientifiques chinois et occidentaux – voir ci-dessus). La validation scientifique des bénéfices de la prise de ginseng dans les traitements anticancéreux en est une première illustration.

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A propos angeliquedelhoute

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