Le bruit gène l’expansion des végétaux

En freinant la pollinisation par les oiseaux, la pollution sonore peut indirectement empêcher le développement de la végétation.

Si les effets de la pollution sonore sur les oiseaux sont déjà connus et étudiés, ceux qu’elle produit sur les plantes sont encore à découvrir. C’est la tâche à laquelle s’est attelée une équipe de chercheurs américaine du National Evolutionary Synthesis Center de Durham en Caroline du Nord, dirigée par le professeur Clinton Francis, et qui vient de faire paraître les résultats de ses travaux dans la revue Proceedings of Royal Society du mois de mars.

Durant quatre ans, de 2007 à 2010, cette équipe a observé les comportements de certaines espèces d’oiseaux de la réserve naturelle de Rattlesnake Canyon, au Nouveau-Mexique, laquelle a la particularité d’abriter des milliers de puits d’extraction de gaz naturel générant un vacarme incessant.

En disposant des caméras sous des centaines d’arbres, ils se sont d’abord attachés à comptabiliser le nombre de passages dans les arbres des oiseaux pollinisateurs. Premier résultat : certaines espèces, comme les oiseaux-mouches, profitent du fait que d’autres délaissent ses endroits bruyants pour multiplier leurs visites (ils ne seraient donc pas déranger par le son des machines extractrices), ce qui pourraient profiter aux différentes plantes pollinisées par ces espèces d’oiseaux, probablement un peu sourds.

Mais ils ont également poussé leur étude en cherchant à étudier le comportement du geai buissonnier, l’un des principaux vecteurs de germe du pin à pignons. Cet oiseau à l’habitude d’enfouir des centaines de pignons dans le sol sous les arbres afin de les récupérer lors de la saison froide, quand ces graines viennent à manquer. Ce qui, naturellement, leur permet de germer lorsqu’elles ne sont pas récupérées par le volatile. Et là, le résultat fut sans appel : plus de geais buissonniers, gênés par le vacarme des machines, mais un déferlement de souris et autres rongeurs qui se régalaient des graines laissaient par les oiseaux. Et pas question pour eux d’en laisser à la nature pour qu’elle fasse germer les graines. A moyen terme, les chercheurs se sont rendu compte qu’il y avait quatre fois plus de jeunes pousses de pin dans les zones moins sonores de la réserve naturelle. A long terme donc, ce que les chercheurs n’ont pu encore observer mais qui semble logique, le risque est que, dans les endroits les plus bruyants, les arbres ne puissent arriver à maturité. Ce qui aurait alors les conséquences que l’on imagine sur les centaines d’espèces qui vivent grâce à ces végétaux. Mais qui pourrait aussi bouleverser certains écosystèmes.

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A propos angeliquedelhoute

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